Cahier des charges pour la création de son site internet : le document qui décide de la réussite de votre projet web
Selon Siteefy, 252 000 nouveaux sites web sont mis en ligne chaque jour dans le monde, soit trois sites par seconde. Le chiffre donne le vertige, mais la même source en fournit un second, moins commenté : moins d’un site sur cinq est réellement actif. Le web est un immense cimetière de projets lancés sans cap. La différence entre un site internet qui travaille pour votre entreprise et un site fantôme ne se joue pas le jour de la mise en ligne : elle se joue avant, dans un document que trop de projets web bâclent, le cahier des charges.
Les données sur les projets numériques confirment l’enjeu. McKinsey et l’université d’Oxford ont analysé 5 400 projets informatiques : en moyenne, ces projets dépassent leur budget de 45 %, leurs délais de 7 % et délivrent 56 % de valeur en moins que prévu. Le Project Management Institute ajoute que 52 % des projets subissent une dérive de périmètre, le fameux scope creep, contre 43 % cinq ans plus tôt. Un projet de création de site web n’échappe pas à ces mécanismes : il les reproduit à son échelle.
L’agence Galopins, agence web, co-construit depuis 2020 le cahier des charges de chaque projet de site web avec ses clients, de la Fondation des femmes au World Water Council. Voici ce que ce document doit contenir en 2026, les pièges qui coûtent cher, et un modèle prêt à remplir pour gagner du temps.
Qu’est-ce qu’un cahier des charges pour un site web ?
Le cahier des charges est le document préparatoire à un projet de site internet. Ce document fixe les objectifs du projet, décrit l’entreprise et ses cibles, délimite le périmètre de la prestation, liste les contraintes (budgets, délais, prérequis techniques) et définit les critères de réussite. On distingue parfois le cahier des charges technique du cahier des charges fonctionnel ; pour un site web, il ne doit s’agir que d’un seul et même document, la partie technique (hébergement, développement, intégration) étant indissociable des contenus, des fonctionnalités et du design.
Le cahier des charges sert aussi de garde-fou contre la dérive de périmètre. Selon le Pulse of the Profession 2018 du PMI, 52 % des projets voient leur périmètre s’étendre de façon incontrôlée en cours de route. Un périmètre écrit noir sur blanc rend visible chaque demande supplémentaire : elle devient un avenant chiffré, discuté sereinement avec le prestataire, et non un dépassement silencieux des budgets.
Un point juridique mérite d’être posé d’emblée : le cahier des charges n’a aucune valeur contractuelle en soi. Tant qu’aucun devis ou contrat n’a été signé, ce document n’engage personne. Annexé au devis ou au bon de commande, en revanche, le cahier des charges devient la référence à laquelle l’entreprise et le prestataire peuvent se rapporter pendant toute la durée du projet.
Pourquoi le cahier des charges est-il indispensable pour un site web ?
L’étude McKinsey-Oxford citée plus haut identifie les causes principales des dérapages : elles ne sont presque jamais techniques. Objectifs flous, exigences mouvantes, gouvernance défaillante : l’essentiel des dépassements se décide avant le premier jour de production. Le PMI chiffre la facture globale : 11,4 % de l’investissement des organisations est gaspillé à cause de la mauvaise performance des projets (Pulse of the Profession 2020), et 48 % des projets ne sont pas livrés à temps.
Le même institut apporte la contre-mesure : définir les mesures de succès en amont aide les projets à tenir leurs budgets et leurs objectifs. C’est exactement la fonction du cahier des charges : transformer des conversations en engagements écrits entre l’entreprise et son prestataire.
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Création ou refonte de site internet : deux cahiers des charges différents
Un cahier des charges de création de site web part d’une page blanche. Le document consacre alors l’essentiel de son effort à la définition : présentation de l’entreprise, positionnement face aux concurrents, cibles prioritaires, objectifs chiffrés, arborescence à inventer, contenus à produire intégralement. Le risque principal d’une création est le flou : sans cadrage précis, chaque décision de design ou de développement rouvre le débat.
Un cahier des charges de refonte obéit à la logique inverse : l’existant est un actif à protéger. Le document commence par un audit à transmettre au prestataire dès la consultation : inventaire des pages, statistiques de fréquentation, positions acquises dans les moteurs de recherche, liens entrants. Le plan de redirections 301, qui indique vers quelles nouvelles pages pointent les anciennes URL, doit figurer explicitement dans le cahier des charges d’une refonte : sans lui, des années de référencement naturel disparaissent avec l’ancien site. Le risque principal d’une refonte n’est pas le flou, c’est la perte.
Les refontes menées par l’agence Galopins illustrent cette diversité : Fondation des femmes, Surfrider ou Toit à moi côté associatif, mais aussi Albalogic, concepteur de logiciels métiers pour l’industrie basé à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône. Pour cette entreprise, le cahier des charges devait concilier trois exigences : valoriser une expertise technique forte, offrir une expérience claire et moderne, et livrer un site facile à administrer en interne sous WordPress et Elementor.
Un cas particulier mérite une mention : la refonte simultanée du site et de l’identité de marque. Pour Toit à moi, Galopins a fait évoluer le logo et la couleur, du rose au rouge, afin d’affirmer un positionnement plus engagé sans perdre la chaleur de la palette d’origine. Quand un projet combine refonte de marque et refonte de site, le cahier des charges doit séquencer les deux chantiers : plateforme de marque d’abord, design du site ensuite. L’ordre inverse oblige à refaire deux fois les maquettes, ce qui gonfle budgets et délais.
La présentation de l'entreprise et les objectifs du projet
Cette première partie décrit l’entreprise de façon exhaustive : secteur d’activité, taille, concurrents, valeurs, offre de produits ou de services. Le projet lui-même doit être motivé : pourquoi créer ou refondre le site maintenant, pour quelles cibles, avec quelles attentes ? Un prestataire ne peut apporter une réponse pertinente qu’à un problème correctement posé.
Les objectifs doivent être chiffrés. « Passer de 10 à 30 demandes de devis par mois » engage davantage que « moderniser notre image ». Le PMI est formel : les organisations qui définissent leurs mesures de succès en amont tiennent mieux leurs budgets et leurs objectifs. Un objectif mesurable inscrit dans le cahier des charges devient un critère de recette à la livraison, pas un vœu pieux.
L'arborescence, les pages et les contenus
Le cahier des charges présente l’organisation générale du site : quelles pages, quels gabarits de pages, quelle hiérarchie. La question décisive, presque toujours esquivée, est celle de la production éditoriale : qui rédige les contenus, qui migre les textes existants en cas de refonte, qui valide et dans quels délais ? Un site livré sans ses textes n’est pas un site livré. Préciser cette répartition dans le cahier des charges évite le scénario classique du projet techniquement terminé qui attend son contenu pendant des mois.
Le design et l'identité graphique
Si l’entreprise dispose d’une charte graphique, ce document doit être annexé au cahier des charges. Dans le cas contraire, le cahier des charges précise si le design du futur site s’appuie sur l’identité actuelle ou sur une nouvelle plateforme de marque à créer. Chez Galopins, le branding est réalisé sans intelligence artificielle : les équipes s’imprègnent de l’ADN de chaque entreprise pour garantir une identité cohérente avec son histoire et ses valeurs, comme pour l’évolution du logo de Toit à moi. Ces choix de design se documentent en amont, dans le cahier des charges, pas au milieu des maquettes.
Le socle technique et les fonctionnalités
Le choix du CMS structure tout le reste.
WordPress équipe environ 42 % de l’ensemble des sites web selon W3Techs (2026) ; l’agence Galopins travaille exclusivement avec WordPress et Elementor, précisément parce que ce duo permet aux clients de reprendre la main après la livraison. Les spécifications techniques du cahier des charges couvrent aussi l’hébergement souhaité (y compris un hébergement vert si l’empreinte environnementale compte pour l’entreprise), les compatibilités techniques attendues avec les outils existants et les éventuelles reprises de données.
Chaque fonctionnalité demandée doit être priorisée, par exemple selon la méthode MoSCoW : indispensable, important, souhaitable, exclu. Quarante fonctionnalités placées au même niveau d’urgence ne constituent pas un cahier des charges, mais une liste au Père Noël. Chaque fonction ajoutée a un coût de développement immédiat, des implications techniques durables et un coût de maintenance récurrent : la hiérarchisation protège le budget comme le planning.
L’autonomie après la mise en ligne mérite sa propre rubrique dans le cahier des charges : qui administre le site, avec quels accès, après quelle formation ? Lucie Leteurtre, de Surfrider, a identifié précisément cet avantage lors du passage à Elementor : la capacité à reprendre la main sur le site, à publier plus facilement et à répondre plus vite aux besoins internes. L’agence Galopins ne garde aucune mainmise sur les sites livrés : les clients créent leurs pages et mettent leur site à jour en toute indépendance. Écrire cette exigence d’autonomie noir sur blanc protège l’entreprise d’une dépendance coûteuse à son prestataire.
Le budget et le planning
Un projet web moderne compte en réalité deux budgets : le budget financier et le budget de poids de page. Côté finances, annoncer une fourchette honnête au prestataire permet d’obtenir des devis comparables et des arbitrages réalistes ; le cahier des charges doit aussi provisionner la maintenance (mises à jour, sauvegardes, corrections), pas seulement la création du site internet.
Le second budget est environnemental. Selon le Web Almanac 2025 de HTTP Archive, la page d’accueil médiane du web pèse 2,7 Mo, et sa version mobile est passée de 845 Ko en 2015 à 2,36 Mo en 2025, soit 203 % d’inflation en dix ans. Une page d’accueil médiane pèse aujourd’hui plus lourd que le jeu Doom complet de 1993. Fixer dans le cahier des charges un poids maximal par page et des scores cibles sur EcoGrader ou Website Carbon transforme l’éco-conception en exigence vérifiable à la livraison.
Les réalisations de Galopins montrent que ces objectifs sont atteignables : le site de Lemon Tri obtient 96/100 sur EcoGrader et une note A+ sur Website Carbon, grâce notamment à des optimisations techniques mesurées comme la compression des ressources CSS et JavaScript (21,43 ko économisés) et leur minification (4,1 ko supplémentaires). Ces gains paraissent modestes, mais chaque kilo-octet épargné se répète à chaque visite, sur chaque appareil. Le site du cabinet d’expertise comptable Account For, à Marseille, atteint 80/100 ; celui du World Water Council, organisation internationale reconnue par les Nations Unies, 70/100. Un score écrit dans un cahier des charges n’est pas un argument marketing : c’est un critère de recette.
Côté planning, les chiffres du PMI (48 % des projets livrés en retard) plaident pour des jalons intermédiaires de validation plutôt qu’une date unique de mise en ligne. Le cahier des charges précise qui valide quoi côté entreprise et sous quel délai : les allers-retours de validation pèsent souvent plus lourd sur le calendrier que les développements techniques eux-mêmes.
L'accessibilité, le nouvel invariant du cahier des charges
Depuis le 28 juin 2025, rendre un site internet accessible n’est plus une option pour de nombreuses structures. La directive européenne 2019/882, dite European Accessibility Act, transposée en droit français par la loi du 9 mars 2023 et son décret d’application d’octobre 2023, impose aux sites e-commerce et aux services en ligne payants d’être utilisables par les personnes en situation de handicap. Seule une entreprise de moins de 10 salariés réalisant moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en est dispensée, et les sanctions peuvent atteindre 50 000 euros par support numérique non conforme. En France, 7,6 millions de personnes vivent avec un handicap visuel, auditif, moteur ou cognitif.
Un cahier des charges rédigé en 2026 doit donc préciser le niveau d’accessibilité visé au regard des critères techniques du référentiel RGAA, prévoir un audit de conformité et une déclaration d’accessibilité. Les associations sont concernées dès qu’elles vendent ou collectent en ligne : billetterie, boutique, dons. Chez Galopins, cette exigence ne date pas de la loi : l’éco-conception défendue par l’agence inclut depuis l’origine l’accessibilité des sites web à toute personne en situation de handicap, léger ou non. Un site sobre qui exclut une partie de ses visiteurs n’est pas un site durable.
Un modèle de cahier des charges selon votre type de site
Pour une création de site vitrine, le cahier des charges reste le plus léger : cinq à quinze pages, des objectifs de prise de contact et de notoriété locale, un formulaire, une stratégie de référencement local. Les besoins techniques sont modestes ; l’effort porte sur le contenu et le positionnement, car un site vitrine sans différenciation rejoint vite les quelque 80 % de sites inactifs du web.
Le cahier des charges d’un site e-commerce est le plus exigeant sur les aspects techniques : catalogue, tunnel d’achat, moyens de paiement, gestion des stocks et de la logistique, conditions générales de vente, conformité RGPD. C’est aussi le cas le plus exposé juridiquement, l’obligation d’accessibilité de juin 2025 s’appliquant pleinement au commerce en ligne. Chaque parcours d’achat doit être spécifié page par page, car chaque zone d’ombre se paiera en avenants.
Le cahier des charges d’un site associatif combine des enjeux spécifiques que l’agence Galopins connaît bien, pour avoir accompagné la Fondation des femmes, Surfrider, Toit à moi, Culturez-vous, Art Toi ou encore l’association luxembourgeoise ADA : module de dons en ligne, appels à bénévoles et adhésions, publics multiples (donateurs, bénéficiaires, institutions, presse) et gouvernance particulière, un bureau ou un conseil d’administration devant souvent approuver les grandes étapes. Ce circuit de décision doit être intégré au planning dès le cahier des charges.
Les pièges à éviter dans la rédaction d'un cahier des charges
Certaines erreurs reviennent dans la majorité des cahiers des charges reçus par les agences web, et chacune se paie en euros ou en semaines.
- Décrire des solutions plutôt que des besoins. « Un carrousel en page d’accueil » ferme la discussion ; « mettre en avant trois offres dès l’arrivée » laisse le prestataire proposer mieux, plus léger ou plus accessible.
- Empiler les demandes sans les hiérarchiser. Une liste de demandes toutes marquées « prioritaires » transfère l’arbitrage au moment le plus coûteux : en cours de développement.
- Passer les contenus sous silence. Qui écrit, qui migre, qui valide : cette répartition absente est l’une des premières causes de retard des projets de sites web.
- Oublier l’après. Maintenance, mises à jour, sauvegardes, formation, propriété du nom de domaine et de l’hébergement : un cahier des charges qui s’arrête à la mise en ligne prépare une dépendance au prestataire.
- Recycler un modèle générique trouvé sur internet. Un cahier des charges pensé pour un e-commerce imposé à un site vitrine gonfle inutilement le devis ; l’inverse garantit des avenants en cascade.
- Ne fixer aucun objectif mesurable. Sans mesures de succès définies en amont, impossible de juger la livraison : c’est précisément le facteur de dérive des budgets que le PMI documente année après année.
Le cahier des charges, langage commun avec votre prestataire
Un cahier des charges efficace est un document de référence unique, daté et versionné, que l’entreprise et le prestataire consultent pendant toute la durée du projet. Les annexes techniques font gagner des semaines au prestataire : charte graphique, accès aux statistiques de fréquentation et à la Search Console, exports des textes existants. Désigner un interlocuteur décisionnaire unique côté entreprise est tout aussi déterminant : la multiplication des décideurs est l’une des causes reconnues de dérive de périmètre.
Le cahier des charges fixe enfin les règles du jeu de la collaboration : circuits de validation, délais de réponse, format des livrables intermédiaires. Ce cadre transforme chaque demande hors périmètre en avenant chiffré et discuté, plutôt qu’en conflit larvé. L’agence Galopins pousse cette logique jusqu’au bout : chaque projet web ou branding avance en co-construction, pas à pas avec le client, ce qui maintient le cahier des charges vivant et aligné avec les besoins et les objectifs réels du début à la fin du projet.
Qui rédige le cahier des charges d'un site internet ?
La réponse courte : vous. Entreprise, association, commerce ou indépendant, personne ne connaît mieux que vous votre activité, vos clients et vos contraintes. La réponse complète : vous, mais pas seul. Parce que deux galopins vont plus loin qu’un, l’agence Galopins co-construit le cahier des charges avec ses clients, en atelier, avant tout engagement.
Le rôle du professionnel est de poser les questions techniques que l’on n’a pas soi-même : plan de redirections, exigences du RGAA, poids de page cible, reprise de données, périmètre exact de la prestation. Ce travail préalable verrouille le devis du prestataire : pas de frais supplémentaires découverts en cours de route, pas de fonctionnalité fantôme facturée au prix fort.
Consulter un modèle de cahier des charges par Galopins à remplir ICI